J'ai longtemps hésité à faire cette article,
étant donné le cercle "proche" qui le lit aussi...

Et pourtant je me dis que çà ne doit plus etre secret,
plus tabou, au même titre que le déni de grossesse,
et que si d'autres personnes le lisent,
et que çà leur permet d'etre un peu moins perdues
face à leur ressenti, il mérite d'etre posté ici...

Je n'ai pas peur des mots,
avant j'étais qu'une petite conne,
qui ne comprenait pas celles qui n'arrivaient pas à tomber enceinte,
ou encore celles qui étaient à terre aprés une fausse couche...

Mon leitmotiv étant que la nature fait bien les choses,
et s'il en est ainsi,
c'est peut etre tout simplement que le petit oeuf
n'était pas viable ou en souffrance...

J'ai eu le soucis contraire pour ma part,
suite au déni de grossesse que j'ai fait pour Yaya,
j'ai eu peur durant des années de tomber enceinte,
guettant tous les mois la venue de mes regles comme le Messie...

Pour Nico d'ailleurs,
nous n'avons eu aucun mal à l'avoir,
et c'est le mois suivant l'arret de la pilule que Monsieur s'est greffé
dans le cocon que mon corps lui préparait...

C'est fou comment quand la roue tourne,
j'évolue vitesse grand V,
je prends conscience que j'étais dans l'erreur,
et je m'en veux...

Mercredi dernier,
le fameux 12/12/12...

Journée marquée par le stress,
les prises de têtes,
et encore une fois par des insinuations concernant mon surpoids...

Le double durant nos échanges de mails
a tenté de dédramatiser la chose avec sa nonchalence habituelle,
mais le mal était fait...

Ce mercredi soir,
j'ai donc fait une fausse couche...

Je ne savais pas que j'étais enceinte,
et j'en ai été d'autant plus bousculé,
par l'hémorragie, par le coté glauque de la chose,
par le fait d'avoir l'impression de ne pas pouvoir partager cette souffrance...

J'ai bien veillé les 48h suivant,
à vérifier si je n'avais pas de pic de fièvre,
pour écarter tout risque d'infection,
et çà n'a pas été le cas,
je ne suis donc pas allée à l'hopital,
j'ai affronté çà moi et moi seule,
dans ma salle de bain...

Même si l'on ne voulait pas de troisième,
je me suis rendue compte dans un certain sens
que mon corps morflait beaucoup de cette vie pas forcément choisie...

J'ai pris conscience que la machine commençait à s'enrayer,
que ma santé n'était pas au beau fixe,
que mon surpoids était toujours présent
(huhu x_X)
et que j'allais commencer à morfler...

J'ai vraiment été secoué,
alors que je n'aurai jamais pensé,
et j'ai repensé à cette scene durant 3 jours et 3 nuits au moins,
comme un état de choc,
émotionnel et psychique...

J'ai perdu un bout de moi,
un bout de nous,
et même s'il n'était pas voulu,
j'ai un peu culpabilisé à penser qu'il ne voulait pas
rester agrippé à mon corps,
(alors que Yaya aurait pu sauter plus d'une fois,
vu que je ne savais pas ma grossesse,
et que je ne faisais pas du tout attention à moi)
comme si celui ci n'offrait plus le refuge adéquat
pour permettre le miracle de la vie...

J'ai senti la culpabilité,
le désarroi et la tristesse,
tout simplement parce que je ne m'étais pas préparée à çà,
parce que pour moi,
c'était juste impensable,
sachant mes grossesses et mes accouchements de reve
(enfin, en dehors du caractere de merde que j'ai
grace aux hormones x_X')

Mais j'y pense...
peut etre que la voici,
la raison de ma convocation pour mauvais caractere...

Çà fait une semaine que c'est arrivé,
j'ai donc pu un peu mieux encaisser la chose,
mais je reste sensible sur le sujet,
et réellement à fleur de peau,
épuisée aussi nerveusement,
les jours ayant suivis étant juste intolérables de fatigue...

Les vacances arrivaient à point nommé!

Du coup j'essaie doublement de me protéger,
en ne m'imposant plus ce que je ne veux pas supporter,
juste pour faire plaisir,
pour faire bien, et parce qu'il le faut...

Peut etre que c'était le coup de pied au cul
qu'il me manquait pour enfin CHOISIR ma vie...

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