Il va falloir que je m'y fasse,
je retrouve la civilisation,
et donc les nombreux plaisirs qui vont avec...

Les évènements du Vendredi m'ont marqué,
mais comme pour Charlie Hebdo,
ne pas céder à la panique,
et surtout continuer à vivre,
comme un Gros Fuck On Your Face!

...

Oui, çà m'a marqué,
et malgré le sms d'un ami militaire
me demandant d'être prudente
(et ma réponse "on est à Agen mon gars, relax!"
même s'il a réussi à me donner une petite pointe d'anxiété...)
nous nous sommes donc octroyé une séance au ciné,
pour découvrir le film Mon Roi de Maiwenn...

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 Quel Film!

Je n'ai pas vu son grand frère, Polisse,
je ne connais pas grand chose d'ailleurs
en matière de cinéma,
et du coup encore moins sur le style "Maiwenn"...

Toujours est-il que 3 jours aprés la séance,
j'en suis encore tourneboulée...

J'ai longtemps hésité à écrire cette article,
surtout par pudeur,
avec notre séparation toute fraiche...

Comment expliquer que oui,
ce film est une grande claque dans ma gueule,
qu'il montre combien l'amour inconditionnel
n'est pas toujours suffisant
pour qu'un couple rime avec toujours...

Que l'amour,
même si çà peut être doux et tout coton,
peut aussi être amer et violent,
dans la souffrance,
physique ou morale,
et qu'il reste tout de même Amour avec un grand A...

Vincent Cassel et Emmanuelle Bercot
danse un tango dangereux,
et ils interprètent à merveille le rôle de fous,
amoureux jusqu'à la destruction inéluctable...

Parce que oui,
se séparer quand on aime l'autre ce n'est pas simple,
on ne le fait pas en un claquement de doigt,
c'est comme accepter de se briser soi même
pour ne pas sombrer totalement,
en sachant pertinemment qu'il faudra du temps pour réparer les morceaux,
beaucoup de temps,
sans être sûr de ne pas avoir à recommencer,
parce que la lumière était trop attractive...

Cassel interprète un Georgio solaire,
autant que salop,
sociable au possible et fin manipulateur,
sans aucune limite à l'extravagance dont il sait faire preuve,
en total opposition avec Bercot qui campe la fille brillante
et pourtant un brin quelconque,
avec un avenir idyllique,
et pourtant en pleine souffrance,
sous le charme de cet enfoiré d'Apollon...

Entre déception et envie d'y croire,
les séparations se succèdent,
se ressemblent,
aussi vite qu'elles bouffent l'énergie vitale de la pauvre Tony...

Et à chaque séparation,
la même danse,
les mots doux retrouvés,
le charme qui opère à nouveau,
au risque de faire oublier les blessures encore à vif...

Ma Nathalie d'être outrée par ce mec,
un vrai Super Connard
(manque plus que la cape!)
et cette Tony si prompte à le pardonner,
parce qu'elle a envie d'y croire,
de ne pas regretter,
parce qu'elle est en admiration
alors qu'elle se consume tout en meme temps...

Et moi,
dans un soupir,
de répondre "Elle est juste amoureuse..."

Comme si çà pouvait expliquer ce mariage vraiment décalé
et sans alliance,
que Georgio lui fasse vivre les saisies d'huissier de justice,
les tromperies,
les absences,
jusqu'au fait qu'il lui impose le prénom de leur fils...

Comme si cet état de fait pouvait expliquer les pardons,
les retours à zéro,
la déchéance,
l'oubli...!

L'amour,
c'est une question de lutte quotidienne,
sauf que tout le monde n'a pas les même armes pour se battre,
Georgio se paie le luxe de balancer à sa chère et tendre
"Je me démerde pour que tu ne puisses pas partir.
C'est ma manière à moi de me battre!"

La question qui en découle,
c'est que lorsque l'Amour même avec un grand A
est accompagné de sa dose quotidienne de violence et souffrance,
vaut il vraiment la peine que l'on continue à se battre?!

Je suis sortie de la séance avec cette question dans la tête,
et je n'arrive toujours pas à trancher,
tellement je me sens concernée... x_X

...

Sur la dernière scène,
Maiwenn réussit le tour magistral
de nous faire tomber amoureux de Georgio,
alors qu'on est presque tout le film à se dire
que c'est l'archétype de l'enflure finie,
et ce en même temps que Tony redécouvre une Nième fois
ce menton,
ces faussettes,
ce regard audacieux et arrogant,
cette façon d'être sûr de lui,
alors qu'elle même manque cruellement de confiance en elle...

Alors oui,
dans les critiques,
j'ai lu que Maiwenn avait tendance à pondre des films mal léchés,
avec des séquences courtes,
peut être répétitives,
comme si elle ne s'embêtait pas avec des mots de liaison
dans son paragraphe...

Et beh merde,
moi j'aime bien,
çà donne un aspect plus réaliste,
moins gnangnan
(bien que faut pas se leurrer,
c'est un film pour meuf,
un mec se sentira laisé à coup sûr!)
et oui, même si on surprend souvent
le couple Tony/Georgio au plumard
bah c'est un peu çà aussi un couple,
avec ses réconciliations sur l'oreiller...

Pour finir sur une note un peu plus légère,
j'ai eu un coup de foudre...
çà y est, je peux vous l'annoncer...

J'aime Solal ^_^

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(Louis Garrel, qui joue le frère de Tony dans le film!)

C'est cette dernière phrase,
"J'te connais pas en fait... on s'connait pas en fait"
qui m'a décidé à aller le voir,
vu le nombre de fois que je l'ai prononcé moi même...